vendredi 18 octobre 2013

Là-Haut sur les volcans de l'Atacama

Cette semaine n'aura pas été exactement comme les autres ! En effet, nous avons fait une entorse au voyage à vélo et nous avons loué une voiture à Calama. Nous souhaitions être indépendants pour tenter l'ascension de 3 beaux volcans dans la région. Il nous fallait donc un petit 4x4 pour s'approcher et aller poser notre tente dans leurs environs. Nous aurions bien sûr préféré pouvoir le faire à vélo... mais les distances étant trop importantes (on parle à l'échelle vélo ;-) ) et l'eau très rare et fortement chargée en métaux, il aurait été impossible de le faire dans un temps raisonnable et avec suffisament d'eau... 


Enfin, c'est aussi ici que l'idée du voyage à vélo a pris ses racines...  Et qui à l'origine était une envie d'Alain de réaliser une "expédition volcans" ! Un beau retour aux sources !!


Les couleurs de la roche sont vraiment superbes dans cette région.


L'environnement est assez brute, il semble qu'aucune bête ne puisse y vivre et pourtant nous avons croisé des vigognes dans des endroits où nous nous sommes vraiment demandés ce qu'elles pouvaient bien manger !



Dans ce coin, chaque montagne est en fait un volcan ! Nous avons décidé d'aller nous frotter aux pentes des volcans Toco (5'617m), Lascar (5'590m), que nous avions déjà tenté il y a 2 ans mais avec bien trop peu d'acclimatation à l'altitude et de préparation dans l'itinéraire... et le Pili (6'046m), l'un des plus élevés de la région. 

La voiture s'est rendue plus utile pour protéger la tente du vent que les vélos lors de notre nuit avant le Toco... (oui oui, il y a bien du vent venant de la gauche !)


Notre premier objectif était donc le volcan Toco ! Ce n'était pas le moins élevé de notre choix, mais c'était techniquement le plus facile. En effet, il est, paraît-il, un peu considéré comme une "montagne à vaches" dans la région... ce qui était parfait pour une balade d'acclimation. Partis d'environ 5'200m, nous avons rejoint en 2h30 le sommet à plus de 5'600 m d'altitude, sans nous presser. En effet, à cette altitude, on n'a pas vraiment envie d'effectuer un sprint ! Mais le chemin était parfaitement clair et nous avions également une trace GPS, au cas où.

On ne voit pas le sommet sur la photo suivante. Il faut approcher par derrière, en passant par la droite. Chose nouvelle, il faudrait demander la permission à la CONICYT (Comisión Nacional de Investigación Científica y Tecnológica de Chile) qui a la concession du terrain. Comme on a vu cela qu'à l'entrée du terrain et qu'il n'y avait pas de réseau mobile, on est passé... En croisant des gens travaillant à l'observatoire, nous n'avions pas l'air de bien les déranger ! :-)


Le sommet est la bosse du milieu, bientôt en-haut...


Alain laisse éclater sa joie au sommet !!!! Nous n'étions jamais montés aussi haut de notre vie :-D


Nous avons profité d'une magnifique vue sur le Licancabur (le joli cône à gauche).


Et on pouvait également voir quelques installations du fameux projet ALMA. C'est un concentré de prouesses, non seulement technologique pour l'astronomie, mais aussi pour les conditions climatiques dans lesquelles tout cela a été monté et installé !!


Le soir même de notre magnifique journée au Toco, nous rejoignions notre camp de base pour le Lascar. Le lendemain, il nous faudra plus de 2 heures pour effectuer 40 km sur une mauvaise piste pour gagner le départ de l'ascension de ce sacré lascar...


Et au départ, nous nous demandons bien ce que nous allons trouver là-haut !! En effet, c'est un des volcans les plus actifs des Andes et nous voyons de la fumée s'en échapper !  


Et au sommet du cratère, le spectacle était absolument génial !! Bon, ça sentait un peu l'oeuf pourri à cause du soufre qui s'en échappait...


Attention de ne pas trop se pencher tout de même !!


Les paroies du cratère fumaient ! C'était vraiment très beau de sentir les "entrailles de la Terre" au plus près !



Après une journée de repos à San Pedro le lendemain, nous avons repris la route pour le Pili, qui en quelque sorte était l'objectif de la semaine (passer la barre des 6'000m !) et la cerise sur le gâteau :-) 

Sur la route, nous sommes passés au bord du Salar de Pujsa. Il y avait des centaines de flamands roses ! Nous étions en effet dans une réserve nationale de ces oiseaux, la réserve Los Flamencos.  



Les couleurs des lagunes étaient absolument magnifiques ! Et nous étions absolument seuls dans ces paysages grandioses.


Vue sur le Pili qui domine la région !


Une fois arrivés à notre camp de base pour la nuit, nous avons tenté de gravir en voiture la dernière pente qui devait nous permettre le lendemain d'atteindre environ 4'750 m, voire 4'900 m d'altitude, pour gagner ensuite à pieds les 6'046 m du sommet! Nous avons tenté, car en effet, nous n'y sommes pas parvenus... Notre petit 4x4 n'était pas suffisamment puissant pour gravir les derniers 200 mètres d'altitude... une pente vraiment forte sur du terrain plutôt caillouteux... Sur les 7h d'ascension prévues à la base, cela nous rajoutait quelques 2h30 de marche supplémentaires, non négligeables à cette altitude !

Sacrée pente...


Malgré cela, nous décidons de tenter l'ascension le lendemain, en laissant la voiture en-bas du passage raide. Levés à 3h00 et départ de la voiture à 5h45 ! Il fait froid... Au camp de base, la voiture indique -6°C ! Ajouté au vent, on vous laisse imaginer la température ressentie... Et cela, malgré les 7 couches que nous avons chacun en-haut et les 3 d'en-bas (thermo, pantalon et pantalon k-way !)... Le soleil s'est quant à lui tranquillement levé vers les 6h30-7h :-)


Le sommet à l'aube. Nous avions déjà marché près de 2h30.


Finalement, c'est avec un peu de regret quand même, mais surtout par raison, que nous nous arrêterons à 5'200 m environ. Je ne me sentais pas très bien, très fatiguée et comme nous n'étions que les deux, nous ne voulions prendre aucun risque. Ici, la Rega ne vient pas te chercher en 15 minutes !


Pour terminer, nous ne pouvions bien sûr pas manquer d'évoquer nos retrouvailles avec notre ami Juan ! Lui qui nous avait fait passer une semaine inoubliable dans cette région deux ans auparavant... Il a le don de vous emmener dans des balades et des lieux dont vous ne serez assurément pas deçus !



Une descente vraiment super cool dans une énorme dune de sable ! Heureusement, nous n'avions pas à remonter après...


Par contre, il a fallu vider les chaussures ! (pour celle qui ne les avait pas enlevées...)


Et nous nous sommes faits des amis d'un autre genre au camping de San Pedro ;-) Ces petites bêtes nous auront en tout cas fait bien rire !


Et dans un état plus sauvage, nous avons pu appercevoir en montant au Toco deux viscaches des montagnes qui prenaient le soleil sur les rochers.


Et après les lamas, les alpagas et les vigognes, nous avons croisé les premiers guanacos. Nous en verrons certainement plus en Patagonie.


dimanche 6 octobre 2013

L'Eau !

Un voyage à vélo est une excellente façon de mesurer à quel point l'eau est une ressource précieuse. Ce d'autant plus que nous avons traversé des régions relativement désertiques une bonne partie de l'année, c'est-à-dire hors saison des pluies. A cela, s'ajoutait parfois l'intervention démesurée de l'Homme.

Assez rapidement dans la préparation de notre voyage, nous nous sommes posé la question de notre approvisionnement en eau et nous avons clairement écarté l'idée de devoir acheter des centaines et des centaines de bouteilles en plastique... Nous nous sommes donc équipé d'un filtre UV StériPEN. Ainsi, on évitait le goût chloré que donnent les pastilles de chlore telles que Micropur.

Notre filtre ressemble à un gros stylo. Il faut un récipient assez large pour pouvoir brasser l'eau, cela durant 48 secondes par demi-litre. L'action est la même qu'avec les pastilles chlorées, le goût en moins !


Maintenant, on n'a pas toujours eu le choix...


A Colchani, village par lequel nous sommes entrés sur le Salar d'Uyuni, il nous a été impossible de trouver de l'eau du robinet. Ou alors c'était de l'eau salée du puit... La raison ?



Et oui ! D'important travaux de construction d'une grande route asphaltée entrainent l'épuisement de la ressource en eau des villages alentours. Voilà ce que nous avons pu voir tout le long de la route. Ils déversent des litres et des litres d'eau pour tasser et compacter le matériau utilisé pour la construction de la route. Une démonstration en image.


Bref, les gens de la région auront d'ici quelques années une magnifique route goudronnée, mais plus d'eau... Certes l'eau vient des montagnes et à la saison des pluies les nappes phréatiques se rempliront à nouveau un peu, mais il faudra certainement du temps pour retrouver le niveau initial, voire beaucoup de temps... En attendant, la population de Colchani utilise de l'eau en bouteille ou va chercher de l'eau à Uyuni pour sa consommation quotidienne. Et se lave en partie à l'eau salée, avec des impacts directs sur la peau comme nous avons pu nous en rendre compte en discutant avec la dame d'une petite échope...


samedi 5 octobre 2013

Salar de Uyuni - Calama

Une fois sortis (avec passablement de peine dû au vent) du salar, nous avons retrouvé la piste sablonneuse et la tôle ondulée. Et nous qui avions eu de la chance avec le vent jusqu'à présent, nous avons pu goûter à ses rafales, d'autant plus fortes dès le début d'après-midi.


En 3 jours, nous avons gagné le Chili, en passant par Ollagüe. Nous avons hésité à emprunter "la route des lagunes", un excellent topo ici pour les intéressés (cyclistes ou pas!), mais c'est une route vraiment exigeante (nous avons retrouvé à Calama un autre cycliste l'ayant prise... Il a souffert). Il faut avoir envie de pousser son vélo dans le sable, chargé pour 10 jours d'approvisionnement, sur plusieurs km. Et nous, enfin surtout Camille :-), n'avions pas forcément la motivation nécessaire !

Attention ! A la frontière chilienne, les règles sont strictes en matière de produits pouvant entrer ou pas. Tout ce qui est végétal ou produit laitier (bref, tout ce qui n'est pas vraiment industrialisé) ne passe pas. A savoir pour les autres cyclistes que dans notre cas, ce pour quoi nous avions des doutes (flocons d'avoines, assaisonnements pour la cuisine ou encore des cacahuètes grillées), ça a passé sans problème !


Les volcans ont fait leur apparition dans le paysage. Généralement, nous avons eu une meilleure route qu'avant le Salar d'Uyuni, car nous avons traversé d'autres salars (mais beaucoup moins "salé" qu'Uyuni) et que les pistes ressemblaient parfois presque à de l'asphalte. Mais nous avons quand même eu le plaisir de nous embourber dans le sable quelques fois et d'être secoué sur la fameuse tôle ondulée. 


Un vrai plaisir de rouler dans ces paysages grandioses !  



La Bolivie a perdu son accès à l'océan lors de la Guerre du Pacifique (1879 à 1884), conflit qui opposa le Chili au Pérou et à la Bolivie. Du coup, la Bolivie exporte les minéraux qu'elle extrait de ses mines par train, via le Chili et le port d'Antofagasta. On a pu voir de long convois traverser la plaine, on a compté jusqu'à 33 wagons !


Passé la frontière chilienne à Ollagüe, la route s'est nettement améliorée dans l'ensemble. Avec parfois encore quelques tronçons un peu sablonneux jusqu'à Estacion San Pedro, à environ 80 km de Calama.

Ici, ils appelleraient ce type de route du tarmac (wiki). En tout cas, ça se roulait comme de l'asphalte, très agréable après une semaine de piste !


Et même une route toute neuve ! Mais ça gâchait quand même un peu le charme du paysage de se retrouver sur une sorte de semi-autoroute, avec toutes ses barrières et sa signalisation ;-)


Et hop ! Un dernier passage à 3 966 m avant de descendre en direction de Calama, situé à environ 2300 m d'altitude. En 2004, elle a accueillie les réfugiés, pour la grande majorité des mineurs, de la ville de Chuquicamata, devenue beaucoup trop polluée pour y vivre. Et oui, Calama est située juste à côté de la mine de Chuquicamata, que nous avions visitée en septembre 2011 (voir notre article Désert d'Atacama). On sent que la mine est la fierté et la raison d'être de Calama. Les 4x4, les statues de cuivre, le train traversant la ville chargé de plaque de cuivre... tout le monde ici est rattaché d'une manière ou d'une autre à la mine. Pour nous, ce fut un retour certain à la réalité... On aura très certainement l'occasion de reparler du grand manque d'intérêt politique pour l'environnement dans ce pays où environ 60 % des revenus publics sont générés par.. le cuivre !


Et encore cette petite bête bien sympathique qui est venue nous rendre visite alors que nous pique-niquions. Cela à tout l'air d'être un renard de Magellan ou zorro culpeo. En tout cas, il était tout sauf peureux puisqu'il s'est intéressé de très près à nous (ou à notre pic-nic plutôt!).



El Salar de Uyuni


Nous avons fait notre entrée sur le Salar d'Uyuni par le village de Colchani, à l'est dudit salar. Départ à 6h30, dans le froid, pour parcourir les quelques 75 à 80 km qui nous attendent jusqu'à l'isla Incahuasi où nous passerons la nuit. Ce que nous redoutons le plus, c'est le vent... Soufflera, soufflera pas et surtout dans quelle direction ! Nous aurons de la chance car (exceptionnellement) nous n'aurons pas de vent !

Le Salar d'Uyuni, une mine d'or pour la Bolivie, ou plutôt de lithium. En effet, il s'y trouve environ un tiers des réserves exploitables de la planète ! Autant vous dire que la ressource est passablement convoitée par les autres pays... le problème actuel de la Bolivie est de posséder la ressource, mais pas les connaissances et la technologie pour l'exploiter et de source sûr... elle y travaille ;-)

De jolis cônes de sel à l'entrée du salar. Plusieurs tonnes sont extraites chaque année.


Hihihi, il est rikiki à côté du chinois, mais on s'en fiche il est plus beau :-)

 

Petite vidéo à l'entrée du salar, au moment de se lancer pour les 80 km de route de sel ! [avec son, allumez les hauts-parleurs !]


Une bonne partie du salar se compose de ces formes de type hexagonales. Pas très agréable pour rouler... 


Mais la route ressemblait davantage à une belle piste tracée par les 4x4 des tours touristiques. La plupart du temps, on aura profitié d'une route bien lisse, presque comme de l'asphalte. Et des fois, ça secouait un peu plus. 


L'île Incahuasi


Et le soir, tous les touristes partis, nous avons profité d'une table (en sel évidemment :-)) pour manger, ça s'apprécie vraiment en camping !...



... et de magnifiques couleurs de couché de soleil...


Le lendemain, un petit tour sur l'île avant de mettre le cap au sud et de faire les 45 km pour sortir du salar. Les cactus étaient vraiment immenses !


Et puis on s'est un peu amusé avec les perspectives :-)





On se sentait assez petit sur cette grande étendue blanche et le soleil tapait vraiment fort ! 


Et les îles flottaient !


Moins de chance avec le vent pour sortir, il était vraiment fort et de face...

jeudi 3 octobre 2013

La Paz - Colchani

Nous avons décidé de quitter La Paz en bus et de rejoindre ainsi Oruro, à quelques 230 km de la capitale. En effet, la route est en travaux et la sortie de La Paz n'est pas forcément le bout le plus sympa à faire. Arrivés à Oruro, nous avons renfourché nos vélos avec grand plaisir étant donné que cela faisait une bonne semaine que nous étions stationnés à La Paz et nous commencions à avoir sérieusement des fourmis dans les jambes ! Altiplano nous voilà !

Nous savions que la route ne serait que peu goudronnée jusqu'à Colchani, petit village par lequel nous pensions entrer sur le Salar d'Uyuni.

Un très beau couché de soleil à Machacamarca, le long de la voie ferrée.


Et effectivement, quelques kilomètres après Huari, nous avons fait notre entrée...sur piste ! Du sable et des cailloux, le jeu est devenu "chercher le meilleur chemin qui n'existe pas" :-D


Et puis une bonne dose de tôle ondulée aussi... Un régale pour le dos, les bras, les fesses...


Attention tornade ! Le but était de les repérer de loin et si possible les éviter aussi, sinon c'était une bonne giclée de sable assurée ! Et en pleine figure, on vous assure que ce n'est pas très agréable...


Mais on a aussi croisé des bestioles très sympathiques ! Les lamas sont des animaux domestiqués et nous avons vu passablement de grands troupeaux le long de notre route.


Et des vigognes également, plus sauvages et surtout une espèce protégée. Les Espagnols (encore eux..) les ont décimé à leur arrivée pour leur précieuse laine. Très fine et très chaude, elle se vend très très cher et cet animal peut donc encore être la proie de braconniers.


Et un troupeau exceptionnellement grand (juste après Ollagüe) !!


Et parce que l'Alti(plat)no porte bien son nom... 


Alain 1 : Camille 3.... Et vous ne vous imaginez pas la taille qu'à le minuscule bout de métal qui  nous a causé cette crevaison...


PS : Sur ce tronçon, nous avions envisagé d'éventuellement faire un détour pour aller visiter un projet soutenu par myclimate. Le Center for Development with Solar Energy, CEDESOL, a pour objectif d'améliorer la qualité de vie ainsi que de protéger l'environnement en équipant la population avec des techniques approriées tout en assurant le transfert de connaissance nécessaire, cela en se basant sur trois principes : éducation participative, énergie renouvelable et justice sociale et économique. Nous avons finalement décidé de ne pas aller visiter le centre, mais d'en parler pour montrer un exemple concret de projet soutenu par les compensations carbones volontaires.